L'Allemagne va-t-elle exiger la fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux ? Une proposition régional va dans ce sens
 Par Nic007
InternetUne idée qui suscite de vives réactions depuis des années refait surface dans le débat allemand sur l'avenir d'Internet. L'Union chrétienne-démocrate (CDU) prépare une proposition visant à lier l'activité sur les réseaux sociaux à l'identité officielle. Le débat est prévu lors du congrès fédéral du parti, les 20 et 21 février. Cette initiative émane du gouvernement régional du Schleswig-Holstein. Les militants de cette organisation souhaitent imposer l'utilisation des vrais noms et prénoms, ainsi qu'une vérification systématique de l'âge des utilisateurs. Le projet concerne l'ensemble des plateformes ouvertes où sont publiés des contenus accessibles au public. Les auteurs de la proposition soulignent explicitement la nécessité de mettre en place un système d'identification client obligatoire (Klarnamenpflicht). Les utilisateurs créant un compte devraient fournir des données conformes aux documents officiels, et les opérateurs de services seraient chargés de les vérifier. Concrètement, cela impliquerait la construction d'une infrastructure d'identification étendue, incluant la collecte et le traitement d'informations sensibles. La direction régionale du parti, menée par le Premier ministre Daniel Günther dans le Land, soutient que la transparence des données favorise la responsabilisation et facilite le travail des forces de l'ordre. Elle justifie également cette position par la nécessité de rétablir la confiance dans le débat public en ligne. Le document indique que l'anonymat sur Internet crée un terrain propice aux abus, à l'incitation à la haine et aux actes illégaux. Les solutions proposées modifieraient le point de départ actuel, où le pseudonyme était la norme.

Dans le même temps, la CDU souhaite instaurer un âge minimum légal pour les utilisateurs des plateformes ouvertes. Cet âge est fixé à 16 ans, et l'accès aux services serait bloqué avant cet âge. La vérification de l'âge serait intégrée aux mêmes mécanismes que ceux utilisés pour l'identification personnelle. La proposition fait référence à l'expérience australienne. La réglementation y est entrée en vigueur fin 2025 et concernait les principales plateformes de médias sociaux, dont Facebook, Instagram, TikTok, YouTube et X. Ces plateformes étaient tenues de supprimer les comptes appartenant à des personnes de moins d'un certain âge et de mettre en place des outils de surveillance. Les auteurs de la proposition la présentent comme une tentative de structurer l'espace public numérique. Selon eux, la liberté d'expression requiert un cadre établi par l'État. Dans le discours allemand, le terme « Leitplanken » désigne un ensemble de restrictions protectrices destinées à contenir le débat dans des limites acceptables. Le secrétaire général Carsten Linnemann a publiquement exprimé son soutien à la limite d'âge. Dans un entretien accordé à Bild, il a souligné la nécessité de protéger les jeunes enfants contre la violence, la haine et la manipulation de l'information.

Tous les partenaires gouvernementaux ne partagent pas le même avis sur cette idée. La ministre de la Justice, Stefanie Hubig, du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), s'est montrée disposée à dialoguer, mais des réticences se sont également manifestées au sein de son parti. Le désaccord porte à la fois sur la proportionnalité des mesures et sur leurs conséquences potentielles pour la vie privée. Au sein même de la CDU, la question reste en suspens. La commission des motions recommande que le projet soit soumis à une analyse plus approfondie par les instances du parti chargées de la numérisation et par le groupe parlementaire CDU/CSU. La position de la Commission européenne sous-tend ces plans nationaux. L'institution souligne que les obligations supplémentaires imposées aux plateformes par les États membres ne peuvent excéder le cadre établi par le règlement sur les services numériques. Les déclarations des représentants de la Commission indiquent qu'ils estiment que la question de la responsabilité des intermédiaires est déjà pleinement encadrée au niveau de l'UE.
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