Publié le: 21/09/2026 @ 13:39:22: Par Nic007 Dans "Google"
GoogleCombien de fois avons-nous ouvert Google Maps ou Waze, persuadés de faire le meilleur choix ? Une étude publiée dans Nature Communications par des chercheurs du CNR-ISTI, de l’Université de Pise et de la Scuola Normale Superiore révèle que, lorsque nous le faisons tous ensemble, le résultat est exactement l’inverse de ce que nous espérions. L'étude a analysé l'impact des GPS sur la circulation à Milan, Florence et Rome , et les conclusions sont plutôt amères pour ceux qui utilisent ces applications quotidiennement. En substance, chaque application de navigation calcule l' itinéraire optimal pour chaque utilisateur, sans tenir compte de ce que font tous les autres conducteurs à ce moment précis. Comme l'explique Luca Pappalardo, coordinateur d'études et chercheur au CNR : Les navigateurs ont tendance à concentrer le trafic sur quelques itinéraires particulièrement efficaces : plus le taux d'adoption de ces outils est élevé, plus la concentration est forte. Le résultat, c'est que tout le monde se retrouve sur la même route, qui a tendance à se retrouver encombrée.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont interrogé les API de Google Maps, TomTom, Bing Maps et Mapbox, simulant des milliers de trajets réels à l'aide de SUMO, un outil open source développé par l'Agence spatiale allemande (DASA) capable de simuler simultanément les déplacements, les feux de circulation et les temps d'attente. Dans les scénarios où tous les utilisateurs ont recours à la navigation, la diversité des itinéraires diminue jusqu'à 14 % par rapport à un scénario sans navigation. Il convient toutefois de nuancer ce point. Lorsqu'un faible pourcentage d'automobilistes utilise un système de navigation, les avantages sont bien réels : temps de trajet réduits et émissions de CO2 moindres. Le problème survient lorsque le taux d'adoption dépasse un certain seuil, généralement entre 60 % et 80 % . À ce stade, les avantages disparaissent et, aux heures de pointe, les temps de trajet s'allongent par rapport à une situation sans système de navigation.

Ce phénomène est particulièrement visible à Milan, où les automobilistes ont tendance à désengorger les petites rues du centre-ville pour transférer le trafic vers les grands axes périphériques. Le périphérique, par exemple, devient un point de congestion. La solution proposée par les chercheurs est que les futurs systèmes de navigation optimisent non seulement les itinéraires individuels des usagers , mais aussi l'impact global sur la ville. Ils évoquent également la possibilité d'accords entre les administrations publiques et les prestataires de services afin de modifier la répartition du trafic routier, en le déviant des écoles ou des zones sensibles, à l'instar de ce qui a été mis en place à Barcelone pour éviter la saturation des transports en commun par les touristes aux heures de pointe.
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